Orgue de Caumont

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L'architecture de l'orgue
 
Principe de fonctionnement d'un Orgue:

L'Orgue est par principe et par destination un Instrument à vent qui est joué par un ou plusieurs claviers.Cet instrument a un principe de fonctionnement plutot simple et similaire à une flute.
En appuyant sur une touche l'organiste va, par differents systemes, envoyer de l'air dans les tuyaux.
Pour que cet instrument fonctionne il lui faut une "souflerie".
La soufflerie fournit l'air (ou "le Vent") à un réservoir qui, lui-même, alimente un réservoir d'air secondaire appelé le SOMMIER et ce par l'intermédiaire de conduites appelées "Porte-Vent" . Le Sommier, commandé par le CLAVIER, délivre l'air au tuyau correspondant à la touche enfoncée.
Sous cette apparente simplicitée se cache une mécanique extrement complexe et fragile.

1°) Les différents éléments constitutifs d'un Orgue:
La mise au point d'un orgue est beaucoup plus complexe et délicate que ne peut laisser prévoir son principe de fonctionnement.Il y a en fait 4 parties essentielles dans un orgue :
A - l'alimentation en vent et les sommiers
D - le clavier et les commandes de registres      



2°) La soufflerie et l'alimentation en Vent :
La soufflerie traditionnelle était constituée de grands soufflets généralement en forme de coin, actionnés à la main ou aux pieds par un ou plusieurs assistants. En raison de la place occupée par cette installation dans les orgues importants, elle était souvent reportée dans un local contigu de la nef. Plus habituellement, elle est sise derrière l’orgue, voire dans le soubassement du buffet. On a cherché aussitôt que possible à s’affranchir de la main-d’œuvre, souvent difficile à mobiliser lorsque l’organiste voulait jouer, en mécanisant le fonctionnement des soufflets pompes à l’aide de la machine à vapeur ou même de la force hydraulique, puis du moteur électrique. De nos jours, à de rares exceptions près (reconstitutions d’instruments historiques), la production de l’air sous pression est confiée à un ventilateur électrique dont le bruit du moteur doit évidemment être aussi faible que possible. Il convient, pour des questions de température et d'hygrométrie, que l’air soit aspiré dans le même environnement que l’orgue qu’il alimente. L’air mis sous pression, le vent en termes de facture d’orgue, est dirigé vers un (ou plusieurs) réservoir à soufflet, en forme de coin (les tables inférieures et supérieures sont liées par une charnière), ou à table parallèle (ou encore nommée « A lanterne ») ; ce soufflet a pour fonction d’établir une pression du vent constante au moyen de poids disposés sur la table supérieure ; il doit aussi éliminer les variations brusques de pression préjudiciables à la qualité du son émis, variations qui surviennent lorsque l’organiste joue des accords répétés par exemple. Il est précédé par un régulateur dont il commande mécaniquement l’action. Ce régulateur sert à contrôler en permanence la quantité d’air introduite dans le soufflet, en fonction de la consommation d’air induite par le jeu plus ou moins fourni de l’organiste. Son principe peut reposer sur l’ouverture variable d’une soupape ou d’un volet à rouleau par exemple.Le facteur d’orgues peut même adjoindre sur les porte-vent des anti-secousses, pour parfaire l’égalité de la pression. Ce sont de petits soufflets ou tablettes mobiles mis en équilibre par la pression de l’air. À l’opposé, un autre dispositif, appelé tremblant, est destiné au contraire à faire onduler le vent et donc le son des tuyaux de manière régulière, pour apporter un caractère expressif à certaines pièces musicales. Le tremblant peut fonctionner « dans le vent », à l’aide d’un simple volet mobile obturant partiellement un porte-vent et animé d’un battement produit par le passage de l’air, ou « à vent perdu », il crée alors des échappements d’air répétés (dispositif bruyant).
Certains grands instruments disposent de pressions d’air différentes pour chaque sommier. En ce cas, chacun d’entre eux dispose de son propre réservoir à soufflet régulateur disposé à proximité ; cette régulation de la pression peut même être localisée dans le sommier lui-même, selon un dispositif apparu au milieu du XXe siècle.

3°) La distribution du « Vent » :
Le vent sorti des réservoirs est porté aux layes des sommiers par de grands tuyaux de bois, qu'on appelle porte-vent : il ne peut en sortir que lorsque l'on baisse une touche du clavier, qui fait ouvrir la soupape correspondante ; alors il entre dans la gravure du sommier : cependant il ne fera parler aucun tuyau, si aucun des registres n'a du vent. Ainsi l'on voit qu'il est nécessaire d'avoir un mécanisme qui puisse ouvrir ou fermer les registres à volonté. Le vent est donc distribué depuis le réservoir régulateur à l’ensemble des sommiers à l’aide d’un réseau parfois complexe de porte-vent. Il s’agit de canaux usuellement en bois, de section carrée le plus fréquemment, adaptée aux besoins en air des sommiers qu’ils alimentent.
La soufflerie doit dans son ensemble répondre aux besoins en vent de l’orgue qu’elle fournit. Bien des éléments entrent en ligne de compte pour le calcul des besoins en vent d’un orgue :
--Le nombre de ses jeux,
--Le type d’harmonisation pratiquée (plus ou moins consommatrice de vent),
--La conception stylistique même de l’instrument
Les facteurs d’orgues n’ont eu de cesse de parvenir à maîtriser l’alimentation du vent des instruments au cours des siècles.

A cet égard, Aristide Cavaillé-Coll développe au XIXe siècle des solutions
techniques novatrices (soufflets à plis multiples entre autres)
pour assurer une production importante de vent parfaitement
régulé et stabilisé. (-Sourçe WIKIPEDIA-)


Enfin l'air est transmis au sommier, sur lequel sont posés les tuyaux.
Le débit d'air doit atteindre 1 mètre-cube par "jeu". Un orgue comprend de 5 à 110 jeux.
La pression d'air varie au départ entre 120 et 170 mm, et arrive à différentes valeurs selon les sommiers :
Clavier de grand Orgue : 100 à 120 mm
Clavier de Positif : 90 mm
Clavier de récit : 95 mm
Pédalier : 130 à 150 mm
Si les pressions sont trop élevées, on dit que l'orgue crie ou hurle.


4°) Le « Stockage » du vent : Les Sommiers




Le sommier est la partie la plus complexe de l'orgue. En fait c’est le cœur même de l’instrument car il sert de « fournisseur » d’air sous pression aux différents tuyaux.
L’air arrive à la partie inférieure du sommier dans un caisson étanche (la Laye) dont il ne peut sortir que par des soupapes actionnées par l’organiste. La tigette qui actionne cette soupape entre dans la laye au travers d’une boursette qui assure l’étanchéité mais qui permet le mouvement de la tigette. L'ouverture ou la fermeture de soupapes commandées par les touches du clavier, permet à l’air d’entrer dans un système de canaux ou "gravures" laissant ou non passer l'air des soupapes aux tuyaux du registre sélectionné. Le sommier doit être parfaitement étanche bien que comportant des pièces mobiles et malgré leur taille pouvant atteindre 6 mètres.


PRINCIPE DE FONCTIONNEMENT D'UNE SOUFFLERIE                          
Le Sommier:
C'est le cœur de l'instrument.C’est lui qui fournit le vent aux tuyaux sonores en fonction des touches actionnées et des registres sélectionnés par l’organiste. Le sommier demande la plus grande précision : Il faut que la distribution du vent soit parfaitement équilibrée et qu'elle soit distribuée aux registres sans fuites d’air  qui pourraient faire « corner » l’instrument, c'est-à-dire faire parler certains tuyaux même quand les touches ne sont pas enfoncées. L’étanchéité doit en être parfaite, ainsi que l’« attaque » des notes. Le vent arrive à la partie inférieure du sommier dans la laye (une sorte de caisson étanche), puis en sort par des soupapes actionnées par l’organiste. La tige qui tire une soupape pénètre dans la laye au travers d’une boursette en cuir très souple qui assure l’étanchéité tout en permettant le mouvement.Lorsqu’une soupape s’abaisse, l’air pénètre dans la gravure, un petit espace qui dessert le jeu de tuyaux correspondant à la note sélectionnée. La gravure est surmontée de bas en haut :
-Par une table percée de trous en face de chacun des tuyaux ;
-Par les « registres », planchettes de bois allongées et percées de trous qui coulissent sur la table, perpendiculairement à la gravure.
-Par une chape comparable à la table, et qui supporte la base des tuyaux ; La position du registre, tiré ou poussé, met en communication, ou non, la gravure avec le ou les tuyaux correspondants : l’air traverse alors, par les trous mis en regard, la table, le   registre et la chape.
Un tuyau est donc sélectionné, et résonne lorsque son registre est en position adéquate et que l’on appuie sur la touche qui le commande.



2-B)  La transmission :
a) La transmission mécanique:  est la plus ancienne et la plus répandue, mais aussi la plus fiable. Elle est constituée de vergettes, abrégés et barres d'équerres. Une vergette est une petite tringle de bois mince, terminée par un fil de laiton fileté qui sert d'axe à un écrou de cuir dur. La vergette doit transmettre instantanément au sommier le mouvement imprimé par le doigt sur la touche du clavier, mais elle ne remplit son office qu'en passant par l'abrégé. L'abrégé est un dispositif d'aiguillage autrefois en bois, aujourd'hui en duralumin.  Sur une planche de forme trapézoïdale, ont été disposés des rouleaux munis à leurs extrémités des petits leviers où viennent s'accrocher les vergettes. Ces rouleaux peuvent pivoter, permettant de transmettre le mouvement. Les équerres ( à 2 leviers) servent d'intermédiaires entre une vergette horizontale et une vergette verticale. D'autres équerres servent à l'accouplement des claviers, ou bien aux tirants de registres.
             


b) La transmission pneumatique : est inventée en 1830 par l'Anglais BARKER. Ce système remplace la traction mécanique. Une machine pneumatique contenant un levier par note, est adjointe à chaque clavier. Ce levier fonctionne grâce à un petit soufflet qui reçoit de l'air à forte pression, dès que la touche du clavier s'abaisse. En 1865, le Français MOISSETIER imagine de remplacer le sommier mécanique par un sommier entièrement pneumatique. Plus besoin de vergettes, d'abrégés, ni d'équerres. Les différents éléments sont remplacés par des tubes de plomb dans lesquels circule l'air. Cette transmission pneumatique s'applique aussi au tirage des registres. Cependant ce système se révèle peu concluant et plutôt regrettable.  En effet, si les tubes transportant l'air aux tuyaux dépassent les 6 ou 7 mètres de long, il se produit un décalage entre le moment où la touche est abaissée, et l'instant où le tuyau chante. Ce qui gêne l'organiste. De plus, le fait que cette transmission supprime le contact direct de la touche au sommier, elle supprime de fait le "toucher " de l'organiste. Trop compliqué et peu sûr, le système pneumatique est aujourd'hui universellement abandonné.

c) La transmission électrique :  a donné lieu à de nombreux essais. Vers 1865, le Français PESCHARD faisait à l'orgue les premières applications de l'électricité. Il reprend à son compte l'invention du levier pneumatique de BARKER. La simple pile est d'abord appliquée au tirage de la soupape, puis l'électro-aimant, qui est destiné à agir sur les soupapes de décharge. Le courant est fourni par une dynamo ou par des accumulateurs. L'avantage de la transmission électrique est d'ignorer la distance. La console de l'orgue peut ainsi être mobile et détachée de l'orgue (St Eustache-Paris, Maison de la Radio). L'attaque se fait toujours instantanément et les combinaisons sont tellement nombreuses que l'avenir de l'orgue paraît brillant. Il y a tout de même l'inconvénient majeur de l'électro-aimant, qui est sensible à la poussière et l'humidité et de fait l'oxydation. Un autre désagrément de la transmission électrique, est le fait de supprimer le "toucher" de l'organiste. Beaucoup d'organistes préfèrent toujours la "résistance" de la transmission mécanique. Depuis les années 1980 environ, apparaît une solution intermédiaire : c'est-à-dire un orgue à traction mécanique, mais doté d'un tirage de registres électrique avec un combinateur programmable.
           

2-C) Tuyaux:
L’émission sonore est assurée par des tuyaux qui reçoivent, à leur base, l’air sous pression venant du sommier. Le plus souvent, les tuyaux ont une position verticale ; ils peuvent aussi être disposés horizontalement (disposition en éventail dite « en chamade » souvent usitée en Espagne).
Il existe deux familles de tuyaux:
         -Les tuyaux à ANCHE
         -Les tuyau à  BOUCHE
Les tuyaux se differençient entre eux par de nombreux paramètres :
        -La matière : En général : en bois (chêne, pins, sapins, bois exotiques...) et métal (alliage d’étain et de plomb le plus souvent, zinc, cuivre). Mais on trouve parfois d'autre matériaux : l’or (en placages), du verre, du bambou (célèbre                              orgue de bambou aux Philippines), et parfois même du carton, du papier mâché, de la matière plastique comme le pvc. Certains facteurs d'orgue fabriquent eux-mêmes les feuilles d'alliage étain-plomb qui leur serviront                              à fabriquer les tuyaux ; après avoir coulé le métal fondu pour obtenir une feuille brute, la mise d'épaisseur se fait alors par rabotage et non par laminage. Le métal obtenu par laminage est en effet écroui, alors que le                                métal raboté ne l'est pas, et la qualité du son est différente selon la technique utilisée ;
        -La longueur qui détermine la hauteur de la note émise pour les seuls jeux à bouche et la portée ou puissance sonore pour les jeux à anche ;
        -Le diamètre, qui agit sur le timbre et qui est à l'origine d'une caractéristique fondamentale en facture d’orgues :
        -La « taille » qui est le rapport entre ce diamètre (mesuré au niveau de la bouche) et la longueur du tuyau ;
        -Tuyau ouvert ou tuyau fermé à l’extrémité supérieure pour les jeux à bouche ;
        -La forme, cylindrique, conique, fuselée, carrée, triangulaire ou autre ;

Si vous souhaitez avoir plus de détails sur les différents jeux voici quelques sites très instructifs :
 
Avant d'aborder ce sujet il faut faire un petit rappel. Comme vous avez pu le voir tout au long de ce site, lorsque l'on nomme un tuyau le nom est suivi d'un chiffre et d'une apostrophe (Ex : montre de 8'). Le chiffre correspond à la hauteur du tuyau et l'apostrophe qui suit indique l'unité utilisée : Le pied. Donc dans notre exemple ci-dessus une montre de 8' correspond à un tuyau de 8 pieds de long ce qui représente un tuyau d'environ 2.60m (le pied valant approximativement 0.3243m). Les jeux de 8' sonnent à l'octave normale (Do 3). C’est là que les lois de la physique entrent en jeu. Si l'on veut la même note à l'octave au-dessus (Do 4) la longueur du tuyau sera divisée par 2. Dans ce cas Donc si on active un jeu de 4' et que l'on joue au clavier un Do 3 on entendra un Do 4. Maintenant si l'on veut la même note (Do 3 d'un jeu de 8') un octave en dessous (Donc un Do 2) il faudra multiplier par 2 la longueur du tuyau et donc en activant un jeu de 16' et en jouant un Do 3 on entendra un Do 2. De ce fait un jeu de 32' sonnera une octave plus basse que le jeu de 16'

Les différents jeux de l'Orgue

Les Jeux de Fond :

De Taille étoite
     -Viole de Gambe,Gambe,Violoncelle.....
De Taille moyenne
    - Montre,Diapason,,Octave,Doublette,Contrebasse.....
De Taille large
    -Flûtes harmoniques,Flûte octaviante

Dans l'orgue, les jeux de fond représentent l'ensemble des jeux d'orgue constitués par des tuyaux à bouche, à l'exception des mixtures et des mutations.
Dans les jeux de fonds, on distingue en général cinq familles :
les jeux bouchés (bourdons et quintatons) ;
les flûtes (taille large) ;
les principaux (taille moyenne ou intermédiaire) ;
les gambes (taille étroite) ;
les violons (taille très étroite) que l'on trouve surtout dans l'orgue de théâtre ;
les jeux octaviants ou harmoniques.

Les jeux à Anche

A Anche Battante
      -Trompette
      -Trombone
      -Grand Jeu
      -Cromorne
A Anche Libre  (La languette oscille sans buter nuule part)
      -Cor Anglais
      -Euphone

Les jeux d'anche désignent et regroupent une famille de jeux d'orgue.
Les jeux d'anche sont ainsi nommés, parce qu'ils parlent au moyen d'une anche. Ce sont les jeux les plus brillants, et qui font le principal éclat de l'orgue.
À la différence des instruments à anche que l'on trouve dans l'orchestre tels que hautbois, saxophone ou basson, où l'anche est généralement en bois (roseau, bambou) ou en matériau synthétique, l'anche d'orgue est toujours en laiton. Les noms donnés aux jeux d'anche sont souvent les mêmes que ceux des instruments à vent de l'orchestre à cause d'une similitude de timbre.
Les Anches fonctionnent comme une clarinette :
Les Trompettes (appelées Bombarde, Posaune ou Ophicléide quand elles sont graves, Clairon quand elles sont aiguës) sont la base du grand chœur d'Anches.
Le Cromorne peut être à la fois un soliste et un complément.
Le Hautbois est un bon soliste.
Les Voix humaines et autres Régales font d'excellents effets. Les essayer avec un Tremblant.

Les Mutations :

Ce sont ces Jeux dont le nombre n'est pas entier : Nasard 2'2/3 (Nasard), Tierce 1'3/5, Larigot 1'1/3. Mais il en va de même des Sesquialtera, Cornets à 3 rangs... Il faut obligatoirement les associer avec un jeu de 8 pieds (idéalement une Flûte, un Bourdon). Ils sont comme le sel dans l'eau des pâtes : sans eau, ça marche moins bien.
  Encore un peu de Jargon.
Il y a de nombreux synonymes (ou à peu près). Au cours de l'histoire, les facteurs se sont rendus compte qu'il était parfois plus facile d'inventer un nouveau nom qu'un nouveau Jeu. Les puristes excuseront les simplifications, mais :

Montre = Principal = Diapason. Prestant, Octave, Principal 4' et Montre 4', c'est la même chose. Les Doublettes, Sifflets sont des Principaux.
Flûtes, Bourdons, Quarte, Piccolo, mais aussi Soubasse 16' et Basse 8' à la Pédale sont toutes des Flûtes.
Fourniture, "Plein-jeu" (sur un Registre) et Mixture, c'est la même chose. La Cymbale aussi, mais elle est généralement plus aiguë.
Trompette = Trombone
Gambe = Viole de gambe (=Violoncelle à la Pédale)


Les mixtures:  

Ce sont des jeux  dits "composés" car ils sont constitués de plusieurs rangs de tuyaux accordés en octaves et en quintes. Ce sont les mixtures qui fournissent le son si caractéristique de l'orgue, celui du Plein Jeu ou Plenum que les Allemands nomment aussi Blockwerk. Les mixtures se reconnaissent à leur brillance et leur puissance car leur fonction est d'enrichir le son avec des harmoniques aigus.

Les jeux ondulants:

constituent encore une particularité inventée pour l'orgue, mais utilisée par la suite dans l'harmonium et l'accordéon. Il s'agit généralement de deux jeux identiques désaccordés d'un comma l'un par rapport à l'autre, ce qui provoque un effet d'ondulation. Les plus connus ont pour noms Unda Maris, Voix Céleste, Flûte Céleste, Voce Flebile. Les plus grands tuyaux d'orgue, de 32 et 64 pieds, sont capables d'émettre des fréquences sonores allant nettement plus bas que la limite inférieure de l'audition humaine, communément admise à 20 Hz, avec respectivement environ 16 et 8 Hz. À de telles fréquences, seules les harmoniques sont audibles, en plus des vibrations physiquement perceptibles.

Les Familles de Jeux :

Les Flûtes :

On admettra que les Bourdons sont des Flûtes. On dispose généralement :
-d'une Flûte de 8 pieds (Bourdon 8')
-d'une Flûte de 4 pieds (Flûte à cheminée 4')
et, à la Pédale, d'une Flûte de 16 pieds (Soubasse 16', qui est un Bourdon, ou bien une Flûte ouverte)
...complétées assez souvent par :
-une Flûte de 2 pieds (souvent appelée "Quarte de nasard 2'", ou "Quarte 2'")
-une Flûte ouverte de 8 pieds (plus forte que le Bourdon, elle souvent appelée "Flûte majeure", ou "Flûte creuse", ou "Hohlfloete").On a aussi dans cette famille:
Flûte à cheminée 8', 4'.
Flûte harmonique 8', 4' (ou Octaviante)
Flûte conique 8', 4', 2'.


Les Principaux (ou Montre):

On dispose généralement :
-d'un Principal de 8 pieds (Montre 8')
-d'un Principal de 4 pieds (souvent appelé "Prestant")
-d'un Principal de 2 pieds ("Doublette")
...et on peut les compléter par :
Un Principal de 1 pied ("Sifflet") (mais ça "pique")
Des Principaux encore plus aigus, et livrés en paquet de 3 à 5 de hauteur différente, et que l'on appelle "Mixtures" : Fournitures et Cymbales. (C'est un collège de Principaux. Le contraire est aussi très répandu.)
Dans cette famille on compte aussi:
-Contrebasses 16'
-Diapason 16' ,8', 4'.
-Montre 8'
-Octave 8', 4' ,2'.
-Prestant 4'
-Doublette 2'

Les Bourdons:

-Bourdons 32' ,16', 8' , 4'.
-Soubasse 32', 16'.
-Quintaton 16', 8'.
-Cor de nuit 16', 8', 4', 2'.

Les Gambes :
Violon 16'
Gambe 8'
Gambe conique 8'
Viole de Gambe 8'
Viola 8'
Violoncelle 8'
Eoline 8'
Dolce 8'
Salicional 8'
Voix Céleste 8' (ou unda Maris)
Cor de chamois 8', 4'.
Fugara 8', 4'.
Salicet

Les Mutations:
Simples:

Quinte-Nasard-Tierce-Larigot-Septiéme

-Quinte 10 2/3, 5 1/3, 2 2/3, 1 1/3
-Gros Nasard 5 1/3
-Tierce 1 3/5
-Grosse Tierce 6 2/5, 3 1/5
-Larigot 1 1/3
-Septiéme 4 4/7, 2 2/7, 1 1/7.

Composés:
-à 3,4,5,6,7,8 tuyaux et plus
- Grosse mixture (3 à 7 rangs)
- Sequialtera 2 rangs (ou cornet Creux)
- Progression (3 à 5 rangs)
- Mixture aiguë (3 à 5 rangs)
- Carillon (2 à 3 rangs)
- cornet (3 à 6 rangs)

2-D )  Clavier et commandes de registres:



Photo ci-contre : Les tirants de Registre qui sont à gauche de la console de l'Orgue de Caumont sur Durance








Le ou les claviers de l'orgue ainsi que les tirants de registres sont placés sur une console située généralement devant l'orgue. Pour la registration d'un morceau de musique, un ou plusieurs jeux sont sélectionnés pour chaque clavier. A chaque touche de clavier correspond un ou plusieurs tuyaux en fonction du nombre de jeux choisis.
A chaque clavier (parfois jusqu'à 5), d'un orgue, correspond un "plan sonore", c'est-à dire une situation particulière, exploitant une configuration acoustique donnée. L'esthétique Classique privilégie les étagements "verticaux" en disposant les sommiers correspondant à chaque clavier de haut en bas. L'esthétique Romantique préfère les disposer d'avant en arrière.
            Le Grand-Orgue est le clavier principal.
Il est placé derrière la façade principale de l'instrument.

           Le Positif a emprunté le nom des petits instruments à 1 clavier.
A ce clavier, correspond dans l'esthétique Classique un petit orgue séparé, placé derrière l'organiste, et appelé Positif de Dos, destiné à dialoguer avec le grand Orgue, en sonnant moins fort (et moins grave, voir l'étagement classique du positif). Un Positif de Dos donne un son plus proche de l'auditoire.Il dispose souvent d'un Cornet décomposé et généralement d'un jeu d'Anche soliste comme un Cromorne.

          L'écho, souvent placé en haut et en arrière de l'instrument, ou alors dans le soubassement, exploite un plan sonore adapté à son nom.

         Le Récit, souvent expressif, a remplacé le Positif dans l'esthétique Romantique. Le Récit est placé à l'intérieur de l'instrument. Il dispose de jeux solistes tels que le Hautbois et est souvent fondé sur un Bourdon-Gambe appelé Quintaton.

Un Positif placé juste à hauteur de l'organiste, mais dans le grand buffet s'appelle souvent Positif de Poitrine, ou Brustwerk.
Un Positif placé au sommet de l'instrument (donc dans une situation acoustique très particulière, distante) est appelé Positif de Couronne ou Kronwerk.

Un clavier comprenant une Batterie d'Anches (généralement depuis la Bombarde 16') et un Cornet, s'appelle Clavier de Bombarde.

Le Pédalier, de taille importante s'il est "à l'Allemande" (2 octaves ou 2 octaves 1/2) commande un ensemble de jeux, appelé Pédale, dont au moins un est normalement plus grave que le reste de l'instrument (voir l'étagement classique de l'orgue).


La Disposition des Claviers
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L'orgue de CAUMONT sur DURANCE
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